Les experts de la CFLEDD analysent la prise en compte du genre dans la loi portant code forestier et le document stratégique de la diversité biologique

Dans le cadre de son nouveau projet de plaidoyer pour l’implication des femmes dans les organes de prise de décision aux différentes activités de réformes engagées dans la province de l’équateur et du Sud-Ubangi, la Coalition des Femmes Leaders pour l’Environnement et Développement Durable (CFLEDD), à travers ses membres des axes thématiques, a organisé des activités d’analyse de différents documents de politiques des réformes engagées en RDC, le 23 août et le 26 août 2021 dans la salle de réunion du bureau de la CFLEDD.

Ces activités avaient pour objectif d’analyser la prise en compte de la dimension genre dans les politiques de réforme, afin de produire un document d’orientation pouvant intégrer la question genre en cette matière. Les travaux de panels étaient repartis en trois groupes sur les thèmes suivants : aménagement du territoire et foncier, biodiversité et forêt et agriculture.


Les panélistes en charge d’analyser le document axé sur la biodiversité et forêt ont organisé deux journées de réunions dans la salle de réunion de la CFLEDD. Ces deux réunions animées par jacques Isongo, expert en genre, avaient comme objet l’analyse de trois documents de réformes. Il s’agit notamment de la loi n°011/2002 du 29 août 2002 portant Code Forestier, et de la loi n°014-003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature et du document axé sur la stratégie de la biodiversité.

La tâche consistait à relire et examiner les différèrent documents, d’en relever les faiblesses, d’identifier les obstacles qui pèsent sur la politique genre dans les réformes en cours, identifier les actions pour l’amélioration de la participation effective de la femme dans le secteur forestier et de l’environnement, et enfin, de proposer les actions de plaidoyer auprès des porteurs des reformes pour mettre en place les actions pour l’amélioration et la participation équitable des hommes et des femmes dans la gestion des ressources naturelles.

Constats et faiblesses observés des documents analysés

Apres analyses et observation, les panelistes constatent que la RDC a une volonté politique à faire prévaloir l’intégration effective du genre dans les politiques et programmes de développement du pays. Cela se démontre à travers plusieurs ratifications des conventions régionales et internationales dans lesquelles le pays s’est engagé pour l’acceptation des mécanismes internationaux sur la prise en compte du genre dans la gestion des ressources naturelles.

Cependant, il existe aussi des faiblesses (non prise en compte de la question genre) observées au niveau des mécanismes mis en place dans les programmes de gestion forestière et conservation de la biodiversité.

Les recommandations pour la prise en compte du genre dans la gestion forestière

La CFLEDD suggère que le ministère de l’Environnement de la RDC et ses partenaires respectent les principes d’équité genre et la promotion et protection des droits des femmes décrits dans les engagements internationaux signés par le gouvernement congolais, ce, afin de les intégrer dans les reformes en cours. Le gouvernement est sensé ressortir des mesures spécifiques qui traduisent l’intégration du genre et les droits des femmes telles que des :

Mesures appropriées qui éliminent la discrimination contre les femmes riveraines
Mesures assurant la pleine participation des femmes et leur implication à tous les niveaux dès la planification à la mise en œuvre des programmes relatifs à l’environnement et à la biodiversité,
Mesures pour valoriser les compétences des femmes et des jeunes filles
Mesures qui favorisent l’autonomisation des femmes dans ce secteur à travers l’accès aux terres, à l’éducation et aux ressources naturelles.

Actions à mener

Après avoir ressorti les recommandations, les experts panelistes ont procédé à la proposition de actions à mener pour parvenir à la prise en compte de la question genre dans les programmes de développement. Ces actions retracent les activités suivantes : conscientiser les porteurs des reformes sur le bienfondé de l’intégration du genre dans les reformes en cours, sensibiliser les parties prenantes (les acteurs clés à identifier) et les populations locales sur l’importance de l’intégration des femmes dans les organes de prises de décisions et veiller sur l’implication des femmes dans la gestion des ressources naturelles.
Rappelons que la femme constitue la pièce motrice de la survie pour la communauté entière, pourtant elle est méconnue dans la gestion et dans la prise de décision aux niveaux tant local que national. En tant que principale utilisatrice de la forêt, la femme subit une discrimination dans la gestion des ressources naturelles. Ces analyses s’avèrent importantes pour faciliter l’égalité, l’équité et l’inclusion de tous pour un développement durable et harmonieux.

Par Perpétue BOKU /IEC CFLEDD

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