PROJET REDD+ ZAMBA MALAMU : visite de la Cfledd à Bikoro pour le monitoring sur la prise en compte de la femme dans la tenure forestière et foncière

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C’est dans le cadre du projet sur la stratégie de la réducation des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts ZAMBA MALAMU ; déclenché en RDC depuis 2014, que la plate-forme coalition des femmes leaders pour l’environnement et développement durable (CFLEDD) a délégué samedi 19 septembre 2020 ; une équipe de missionnaires à travers son axe thématique genre dans la province de l’équateur dans le térritoire de BIKORO pour une mission de huit jours. L’objectif de cette mission été de réalisé le monitoring des activités de programme juridictionnel de Mai-Ndombe avec les projets REDD+ Equateur par l’implication des femmes dans les organes de prises de décision et l’utilisation des outils de gouvernance REDD+ en vue de s’assurer de l’ effectivité dudit projet dans cette partie de la République Démocratique du Congo.

L’objectif de la CFLEDD étant de contribuer à la bonne gouvernance pour la mise en œuvre des activités REDD+ en RDC et de veiller sur le respect des droits fonciers et forestiers des femmes pour son implication aux activités de réduction de la déforestation. La coalition s’est dit satisfaite d’orienter les activités sur le monitorage en suivant le principes fondamentaux de standards sociaux environnementaux qui sont :


Principe 1 : Les activités REDD+ doivent protéger les forêts naturelles, favoriser l’accroissement des services environnementaux et renforcer la préservation de la biodiversité.

Principe 5 : Les activités REDD+ doivent favoriser l’émergence de nouvelles opportunités économiques pour contribuer au développement durable des communautés locales et des peuples autochtones.
Principe 6 : Les activités REDD+ doivent assurer la participation effective et efficiente de toutes les parties prenantes, notamment des communautés locales et autochtones dans leurs spécificités locales.
Principe 7 : Les activités REDD+ doivent respecter les droits humains, ceux des travailleurs qu’ils emploient et les droits aux terres et ressources naturelles des communautés riveraines concernées.

Trois grandes activités ont été réalisées : le monitoring de SESA ; la réunion de concertation avec la communauté locale du développement (CLD) et la Communauté locale de gestion CLG ; enfin la visite guidée des réalisations du projet REDD+ ZAMBA MALAMU.

Retenez que le projet REDD+ ZAMBA MALAMU dans le territoire de BIKORO est un projet pilote qui a alimenté la stratégie cadre nationale REDD+. C’est une initiative louable dans la communauté du village Buya1 à travers des ateliers de renforcement de capacité sur la gestion durable des forêts, la cartographie, le changement climatique. Ce projet a pour finalité la vente des crédits carbone dont le processus est long et couteux.

Ont pris part à l’exécution de cette mission dans le territoire de BIKORO, Mr joseph ZAMBO ; chef du projet REDDD+ ZAMBA MALAMU et deux membres de la coordination CFLEDD dont madame BERTILLE TEKITILA pour le compte de la CFLEDD Kinshasa et Eugénie MWANYA point focal de la CFLEDD à l’équateur.

Faible inclusion de femmes  dans la gestion du projet REDD+ soit 26% au total  

Les assises sur le monitoring, a fait l’objet d’une réunion avec la communauté du village BUYA1 territoire de BIKORO où les experts leurs ont expliqué l’objectif de leur mission. L’orateur de cette réunion monsieur joseph ZAMBO a fait comprendre aux participants que le combat de la CFLEDD pour la province de l’Équateur sur le processus REDD+ est notamment celui de l’inclusion et de la prise en compte de femmes audit projet, en vue de leur implication dans les organes de gestion et de prise de décision. Cette réunion a regroupé en focus groupe plus de quarante personnes dont les communautés locales (Colo), les peuples autochtones (PA), les autorités coutumières et les notables.

Ces travaux en focus groupes ont permis de répondre aux questionnaires ; qui après le dépouillement, les résultats révèlent que le projet ZAMBA MALAMU a favorisé plusieurs opportunités. Sur les plans économiques tels que la fabrication de briques par la population, (ces briques ont servi à la construction d’une école). La cartographie de forêt ; les plantations des arbres fruitiers et palmiers à huile dans les clans EKOLE, NDJIPANGA, et ESANGELE NKOY du village Buya1 dans le territoire de BIKORO. Mais quant à l’inclusion de femmes dans le projet REDD+ ZAMBA MALAMU, le résultat dévoile que la représentation des femmes est faible soit 26%, les PA aussi sont minoritaires soit 8% contre 42% de Colo.


Réunion de concertation : plus de trente-neuf membres de la communauté locale du développement et de la gestion ont répondu présent.  

L’ambiance était festive sur le terrain lors du déroulement de la deuxième activité, plus de trente-cinq personnes du village BUYA ont répondu présent à la réunion de concertation avec le comité locale de développement (CLD) et le comité locale de gestion(CLG).

L’objectif de cette concertation était de faciliter l’information et la communication sur le projet REDD+ ZAMBA MALAMU, identifier ses priorités en termes d’activités génératrices des revenus en vue de leurs mise en œuvre et évaluation. À cet effet, les chefs de PA, le CLG, et le CLD étaient réunis en groupe pour élire les équipes dirigeantes de CLG dans chacune de ces communautés en vue d’assurer la communication entre le centre de recherche américain WHRC (Woods Hole Research center) et le village.

Visite guidée des réalisations de projet REDD+  à BIKORO

L’équipe de la CFLEDD a fait la ronde dans différents coin du village en vue de constater les réalisations du projet REDD+ ZAMBA MALAMU. Ces réalisations sont entre autre  la construction de l’école BOBUNDO ; le puits d’eaux ; le séchoir à manioc ; les foyers améliorés, les plantations de palmiers, des arbres fruitiers et ananas.

L’équipe de la CFLEDD a fait une visite guidée dans différents coins du village en vue de constater les réalisations du projet REDD+ ZAMBA MALAMU. Ces réalisations sont entre autre : la construction de l’école BOBUNDO ; les puits d’eaux ; le séchoir à manioc ; les foyers améliorés, les plantations de palmiers, des arbres fruitiers et ananas.


Après analyse et observation, Bertille TEKITILA a constaté un faible niveau d’instruction de femmes et PA (analphabètes), une pauvreté accrue ; Instabilité politique provinciale (changement de gouverneur) ; délabrement des routes ; les droits de la tenure foncière et forestière de femmes ne sont pas pris en compte ; exclusion de PA et stigmatisation ; manque de terres propres pour le PA venant d’ailleurs ; pas de protocole d’accord entre le porteur du projet et la communauté (Blocage de financement de la BAD ) ; travaux inachevés des puits d’eau, de l’école, des champs agricoles et plantations ; les salles de classes sont sans bancs , manque de matériels agricoles pour l’agriculture ; manque de transport pour évacuation des produits locaux.

Recommandation de la population de BUYA1

Plusieurs recommandations ont été reformulées par les habitants dont : Prolonger la durée de projet à plus au moins dix ans pour plus d’impact social; diversifier et investir dans les activités génératrices des revenus ; création des centres de formation (Élevage, Agriculture, Apiculture, centre d’alphabétisation et autres métiers); Finaliser les travaux inachevés des puits d’eau; Fabriquer les foyers améliorés non fixes pour les 396 ménages du village BUYA; négocier les espaces fonciers et forestiers auprès des ayant droits pour les PA et les autres venants en vue de développer les activités agro pastorales ; Promouvoir la dimension genre, la gouvernance forestière, l’inclusion et la diversité à travers les formations ; Doter les femmes et les PA en intrants agricoles; construire un centre médical ; électrifier l’école et le village par les panneaux solaires ; équiper les salles de classe en bancs et construire des latrines et des bureaux; Doter la communauté d’un moyen de transport pour évacuation de denrées alimentaires; Aider les femmes à qui de droits à obtenir les titres de propriété pour leurs forêts ; mener un plaidoyer pour réduire certaines taxes infligées aux femmes lors de la vente des produits agricoles.

par Perpétue BOKU