L’agroforesterie une ancienne et nouvelle tendance écologique

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L’agroforesterie une ancienne et nouvelle tendance écologique car même si l’agroforesterie est un sujet d’études scientifiquement relativement nouveau. Elle est une pratique courante et ancienne dans de nombreuses régions africaines. C’est donc un nouveau nom pour une pratique ancienne. Les humains ont à tout temps tenté de conquérir les effets bénéfiques des écosystèmes forestiers, en simulant ces forêts.

Parmi les pratiques que nous ancêtres faisaient comme agroforesterie ; il y a ce qu’on appelle le jardin de case. Il est rencontré dans pratiquement toutes les régions tropicales où l’agriculture familiale occupe une place importante. Le jardin de case est un jardin qui est autour de la maison, et il y a dans ce jardin des arbres et arbustes à usages multiples qui sont plantés et/ou préservés en association avec des cultures agricoles et/ou avec du petit bétail.

Ces jardins de case sont très répandus depuis de longues années en Afrique, en Asie du sud et du Sud-Est et en Amérique latine. Les paysans ont jusqu’au moyen-âge pratiqué l’agriculture sur brûlis et intégraient les arbres dans les champs, puis plantaient des arbres en association ou non avec d’autres espèces agricoles sur le même site.

L’agroforesterie est un mot qui désigne un système d’utilisation du sol par une agriculture durable mais plusieurs personnes au cours de ces 20 dernières années l’utilisent sans pour autant bien la comprendre dans son entièreté.

L’agroforesterie est un concept qui a évolué dans le temps et comporte plusieurs définitions selon les auteurs. Parmi eux, Joseph Hulse en 1971, la définie comme : «un système contrôlé de la combinaison d’arbres avec d’autres cultures et élevages, offre l’opportunité d’accroître l’approvisionnement alimentaire pour les humains et les animaux».

C’est alors que la FAO donne en 2011, une définition du terme agroforesterie pour désigner les systèmes d’utilisation des terres et les pratiques dans lesquelles les plantes ligneuses vivaces sont délibérément intégrées aux cultures agricoles et / ou à l’élevage pour une variété de bénéfices et de services. L’intégration peut être faite soit selon une association spatiale (par exemple, les cultures agricoles avec les arbres) soit selon une séquence temporelle (par exemple, les jachères améliorées, les rotations). L’agroforesterie va des systèmes très simples et clairsemés à des systèmes très complexes et denses. Celle-ci embrasse un large éventail de pratiques : les cultures en couloirs, l’agriculture avec des arbres en courbes de niveaux, ou les périmètres clôturés avec des arbres, les cultures multi-étages, les cultures intercalaires de relais, les polycultures, les jachères d’arbustes et d’arbres, les systèmes de parcs, les jardins maraîchers, etc. Beaucoup d’entre eux sont des systèmes traditionnels d’utilisation des terres.

Cependant Khasa (2014) présente une définition encore plus appropriée en tenant compte du contexte actuel et dans une perspective de développement durable, en ce terme « l’agroforesterie est un nom collectif pour tout système de gestion des ressources naturelles où des ligneux pérennes sont intégrés spatialement, temporellement ou spatio-temporellement sur une même superficie avec des herbacées ou des cultures pérennes de valeurs (alimentaire, industrielle, horticole, fourragère, botanique, décorative, artistique) et/ou du bétail, des organismes terrestres ou aquatiques, en vue de diversifier et soutenir la production pour une augmentation de la santé et le bien-être des utilisateurs de la terre à tous les niveaux, en fonction des circonstances écologiques, socio-économiques, politiques et culturelles.

Classification des systèmes agroforestiers

Il existe plusieurs types de classification de système en Agroforesterie ; trois éléments principaux entrent dans la composition de tout système agroforestier classique : l’arbre, l’herbacée (plante agricole ou fourragère), et l’animal.

Un élément important des associations en agroforesterie est l’interaction économique et écologique entre les différentes composantes; c’est ainsi que l’on peut citer des systèmes :
sylvo-pastoraux (arbres-animaux),
agro sylvicoles (arbres-agriculture),
agro sylvo pastoraux (agriculture-arbres-animaux)

Il existe aussi d’autres systèmes . Cette dernière catégorie a été ajoutée afin de ne pas exclure des systèmes agroforestiers moins fréquents tels que l’apisylviculture, mais aussi des systèmes plus simples comme les haies brise-vent utilisées pour réduire l’érosion et la vélocité du vent.

Le deuxième critère quant à lui est d’ordre structurel et classifie les systèmes agroforestiers selon deux sous-critères : l’arrangement spatial et la séquence temporelle. Le premier cas réfère aux dispositions entre les différents éléments dans l’espace, tandis que pour le second, le temps y est inclus comme facteur principal de classification. La séquence temporelle détermine si les composantes coexistent simultanément à long terme, si elles coexistent seulement pour une période donnée ou si elles se succèdent dans le temps.

Les avantages de l’agroforesterie

Au niveau de l’exploitation
Diversification des cultures
Des rendements combinés plus élevés (arbres, cultures agricoles et élevage)
Fourni des produits sur l’année
approvisionnement fiable en bois combustible
amélioration de la sécurité alimentaire et de la sécurité en eau

Aux niveaux économiques
Amélioration des moyens d’existence et du bien-être
Création d’emplois
Création de revenus en espèce additionnels

Au niveau écologique
amélioration de la couverture du sol
réduction de l’érosion des sols (éolienne et hydrique)
modifications favorables des conditions microclimatiques (par ex. les arbres d’ombres qui peuvent réduire les températures extrêmes d’environ 5°C, les brise-vent)
amélioration de la fertilité des sols et de l’activité biologique
augmentation de la teneur en carbone organique (au-dessus et en sous-sol)
utilisation plus efficace de l’eau disponible
amélioration de la biodiversité et de la vie du sol
réduction de la dégradation et de la sédimentation
augmentation de la disponibilité de l’eau
amélioration de la qualité de l’eau
augmentation de la résilience aux changements climatiques
amélioration de la biodiversité

Aux niveaux Socioculturels
des connaissances sur la conservation / l’érosion arbres à usage multiple, couvrant des besoins divers
réduction de la pression sur les forêts
renforcement des institutions communautaires
services sociaux (comme les marqueurs de frontière)
augmentation de la sensibilisation à la « santé » environnementale
paysage attrayant
réduction de la déforestation
protection des ressources naturelles et nationales pour les générations futures (patrimoine)

Par audry mbal

Ressources utiles
Alexandre, D.Y. (2002).Initiation à l'agroforesterie en zone sahélienne, Les arbres des champs du Plateau Central au Burkina Faso, IRD Éditions et KARTHALA, 234p.
FAO (2011). La pratique de la gestion durable des terres ; agroforesterie, 132-147p
Khasa, D (2014). Système agroforestier tropicaux. Inédit, ISAV/Kimwenza, ISEA/Tshala et UNIKIN.
Hulse, J (2008). Développement durable : un avenir incertain, Avons-nous oublié les leçons du passé ? Les Presses de l’Université Laval, Centre de recherches pour le développement international, 391p.
Nair, P. K. R. (1993). An introduction to agroforestry.Kluwer, Dordrecht. 499 p.